mercredi, 23. mars 2005 15:08
Alias
Acrobaties
InDesign, ça c'est un programme de mise en page qu'il est bien. Par contre, quand ça couille, ça couille bien...
Bon, je suppose que ce n'est pas exactement nouveau: à partir du moment
où on fait joujou avec des outils un peu plus compliqués que Notepad ou
MacPaint, les risques de catastrophes augmentent de façon
exponentielle. Du coup, quand on fait de la mise en page -- qui
implique du texte, des images, des polices de caractère et, dans le cas
de InDesign, des choses réellement abconses comme des effets de
tranparence ou des chemins de détourage -- il ne faut pas s'étonner si
les chances de se retrouver avec une usine à gaz pour savant fou pulp s'approchent brutalement de 1.
J'en ai eu récemment l'expérience avec Tigres Volants 3. Oui, ça veut dire que ça avance...
Dans le cas présent, j'ai voulu me rendre compte en "grandeur-nature"
de ce que pourrait donner une mise en page quasi-finale du machin: avec
styles, maquette et illustrations. D'aucuns me diront que c'est un peu
suicidaire de s'amuser à ce genre de choses avec des textes non
finalisés. C'est un peu vrai, mais la mise en page, c'est un peu mon
vrai métier, aussi: faie la maquette et couler 300 pages de texte et
d'illustrations, je fais ça de neuf à cinq (dans les bons jours). Même
pas peur! Ça m'a permis de voir un certain nombre de problèmes
potentiels, qu'il va falloir que j'attaque au manche de pioche avant
peu, et ça m'a aussi donné une approximation de la taille de l'ensemble
(loqiquement, ça passe!).
Ça m'a aussi permis de faire connaissance avec un bug taquin de
InDesign. Tellement taquin que je ne sais tujours pas d'où il vient...
Apès avoir finalisé la mise en page, j'ai voulu faire un PDF, histoire
de voir la taille du machin (et aussi, accessoirement, d'envoyer ça à
mes collègues qui bossent dessus): 300 pages plus tard, au moment de
finaliser la génération, crash. Crash et Argh!, devras-je dire. Le
crash qui dit (sous Mac OS X 10.3) "Application quits" sans autre forme
de procès et qui me laisse tout con. Et pas qu'une fois: j'ai bien dû
faire une dizaine d'essais avant de passer à autre chose...
Donc, l'exportation InDesign vers PDF ne fonctionne pas (quels que
soient les réglages). Exporter en PostScript et distiller l'ensemble ne
fonctionne pas non plus (Distiller dit "argl-pop!" au bout de trois
secondes). Exporter en utilisant les drivers d'imprimante Acrobat pas
d'avantage; la seule méthode qui arrive à un résultat non nul
est l'utiliser du "Save as PDF..." propre à Mac OS X -- au prix d'un
PDF de 125 MB... Évidemment, les forums Adobe sont assez peu utiles,
recommandant des manoeuvres classiques, telles que la reconstruction
des préférences, la vérification des polices et l'usage de poulets
morts. Étant à court de poulets, je suis passé au plan B: diviser pour
mieux régner.
En clair, j'ai imprimé le bazar par bouts de pages, jusqu'à trouver où
ça pétouillait. Victoly: la page 70 s'est révélé être coupable (dans le
petit salon, avec le chandelier). Là où ça devient surréaliste, c'est
que la page 70 ne contient que du texte; et même pas avec des
enjolivures ou des effets de style. Non: du bête texte. Enfin bref,
j'ai sauvé la fautive en EPS et utilisé Illustrator pour en refaire un
PDF valable. J'ai donc pu recomposer mon PDF frankensteinien, qui pèse
au final un peu plus de 17 MB -- nettement plus raisonnable que les 125
MB de l'autre monstre.
Une question se pose désormais: vais-je avoir droit au même cirque avec
la version sans illustrations que j'ai terminé hier soir?...