mardi, 17. mai 2005 13:38
Alias
Fumoffu?!
À force de se gaver de dessins animés japonais, il devient de plus en
plus difficile de trouver la perle. C'est clair que, passé l'attrait de
la nouveauté (genre, après le cinquantième clone d'Evangelion...),
on commence à se sentir blasé. Et puis bon: à partir de moment où vos
fantasmes n'incluent pas les écolières japonaises en mini-jupes, les
filles-chat et/ou les anges (de préférence les trois ensemble), ça
fatigue.
Malgré ça, de temps en temps, la Loi de Sturgeon fait relâche et on tomber sur l'oiseau rare: des OVNIs comme Le Portrait de Petite Cosette, un festival d'effets spéciaux à la Macross Zero, une série épique/steampunk comme Last Exile, ou tout simplement sur un bon gros délire vaguement hystérique et qui ne se prend pas au sérieux -- comme Full Metal Panic Fumoffu.

C'est une série dérivée du Full Metal Panic
originel, une série classique, avec une unité mercenaire luttant contre
des méchants terroristes à l'aide de robots de combat à propulsion
crypto-mystique, avec au milieu quelques étudiants japonais, pour faire
bonne mesure. Cette série avait une originalité: celle d'avoir Sosuke
Sagura, un jeune garçon, qui avait passé le plus clair de son temps sur
des champs de bataille et dans des guérillas diverses, comme garde du
corps d'une étudiante, Chidori Kanome.
Fumoffu reprend cette base,
sous-exploitée dans la série première, pour en faire le corps de ses
histoires. Et là, c'est le délire: l'opposition entre l'ado militaire
de carrière et la jeune fille tout ce qu'il y a de plus banale (y
compris les cheveux bleus, le sale caractère et le baffoir en papier à
conjuration instantannée) fait mouche. Sosuke, en militaire impassible,
dynamite (souvent au sens propre du terme) toutes les conventions des
séries japonaises du genre "scènes de la vie de lycée"; Chidori en est
le parfait contrepoint. L'exemple typique est une des premières scènes
de la série: une camarade de classe de Sosuke glisse une lettre d'amour
dans son casier; ce dernier remarque que son casier a été ouvert et le
fait sauter, pensant qu'il a été piégé... Par la suite, il déchiffre
les restes de la lettre, qui lui laissent à penser que quelqu'un veut
le tuer. Mayhem ensues.
La série, qui fait une quinzaine d'épisodes (de douze ou vingt-cinq
minutes), est aussi une succession de sketches plutôt qu'une trame
suivie. On y apprend comment survivre à une classe de dessin, comment
négocier une prise d'otage, ce qu'il faut savoir avant de visiter un
hôpital hanté, organiser la visite de la capitaine des mercenaires
(elle aussi amoureuse de Sosuke, sinon ce n'est pas drôle) et, surtout,
au cours d'un épisode final explosif, comment gérer un déversement
bactériochimique dans une classe de lycée...
Le tout bien évidemment saupoudré de parodies de films de guerre, avec
des interprétations tendancieuses et le point de vue très spécial du
sergent Sagura...
Vivement que cette série sorte dans une langue civilisée, parce que c'est vraiment de la bonne!