vendredi, 6. octobre 2006 14:37
Alias
Harry Dickson : une étude en pulp (1/3)
Profitant de presque un mois de repos forcé, je me suis relu, à la suite, tout ce que j’avais en Harry Dickson, à savoir les huit tomes de la bande dessinée de Christian Vanderhaeghe (scénario) et Pascal J. Zanon (dessin), aux éditions Dargaud, et la dizaine de livres de la collection Librio, qui contiennent chacun deux histoires.
L’un comme l’autre m’ont frappé comme étant particulièrement représentatifs de la littérature pulp, ce qui en fait des sujets de choix pour une petite étude sur les clichés et conventions du genre.
Avertissement liminaire
Comme mentionné, l’étendue de mes connaissances sur le sujet sont loin d’être exhaustives : j’ai lu à peine plus d’un dixième du corpus total de la série. Je doute cependant que le 90% restant contredisent les observations ci-après, tant l’échantillon est homogène.
De plus, je me doute que, pour ceux qui lisent du pulp à longueur de journée, pareil texte revient à faire subir des actes de la plus extrême violence à d’innocents éléments de menuiserie domestique non verrouillés. Il faut m’excuser : je débute.
Harry Dickson
L’histoire de cette série est en elle-même singulière : à l’origine, une série de nouvelles écrites en Allemagne au début du 20e siècle, sous le titre Les plus célèbres enquêtes de Sherlock Holmes (ou quelque chose de cette eau) ; les plus célèbres, peut-être, mais pas les mieux écrites. Sir Arthur Conan Doyle et ses héritiers se montrent peu amusés et, rapidement, le nom du célèbre détective disparaît du titre (mais pas des histoires).
Traduite une première fois en néerlandais, la série et le personnage principal changent alors de nom, pour devenir Harry Dickson. Peu de temps après, un éditeur belge se lance dans une version française de l’édition hollandaise et en confie la traduction à Jean Ray, un des maîtres du fantastique francophone. Ce dernier est rapidement fatigué de traduire des histoires médiocres et décide de s’inspirer des illustrations de couverture des fascicules allemands originaux pour créer des histoires inédites.
C’est ainsi que naît réellement Harry Dickson, « le Sherlock Holmes américain », domicilié au 221B, Baker Street, fumant la pipe et qui, assisté de son fidèle élève Tom Wills, traque les criminels les plus monstrueux, les secrets les plus terrifiants et les inventeurs les plus démoniaques, dans le Londres de l’entre-deux-guerres.
Les versions françaises comptent près de 180 histoires, traduites ou écrites entre 1929 et 1938.
À suivre: "Sois pulp et tais-toi!"